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Moratoire éolien, c’est quoi et pourquoi ? – La carte blanche d’Étienne

Mon nom est Étienne Mayeur, avec Bernard Fusulier, un autre rebecquois, nous avons décidé de lancer une demande de moratoire éolien auprès du Parlement wallon. Je vous explique notre démarche dans cette carte blanche

C’est quoi cette demande de moratoire éolien ?

Si vous suivez l’actualité rebecquoise, vous n’êtes pas sans savoir qu’un projet éolien d’ampleur est à nos portes. Si dans l’absolu j’étais favorable à ce mode de production d’énergie, sans réelles connaissances sur le sujet je dois bien l’admettre, près d’un an de recherches tous azimuts m’a fait revoir ma copie.

Je ne développerai pas ici les différentes raisons qui font que je suis opposé au projet d’Engie à Rebecq : la Plateforme Citoyenne Éoliennes Rebecq fait un excellent travail de décryptage et de sensibilisation de la population rebecquoise à ce propos.

La problématique éolienne est très complexe et se joue à plusieurs niveaux.

Les impacts sont multiples et les législations complexes. En fait non, pas si complexes que ça finalement : il n’y a pas de législation à proprement parler (à l’exception de ce qui concerne le bruit si j’ai bien compris), mais bien un « cadre de référence ». C’est un outil supposé aider les fonctionnaires de la Région à prendre leur décision. Le problème c’est que c’est à géométrie variable. Quand on nous dit « À 400m des maisons, mais c’est la Loi mon bon Monsieur », on se base sur ce cadre. Mais quand de notre côté on leur dit « Mais vous dites qu’il faut en mettre 5 au minimum pour éviter qu’il y en ait partout en Wallonie », on nous répond que ce n’est qu’un cadre de référence et qu’ils ne sont pas obligés de le suivre (à peu de choses près).

Voilà un exemple de flou dans lequel nous sommes, nous citoyens, obligés de nous dépêtrer. Et nous ne sommes pas les seuls. C’est pareil pour les Communes. On leur demande leur avis, mais on n’en tient pas forcément compte. Le cas de Silly est assez parlant. Les citoyens disent non, la Commune dit non, les fonctionnaires délégués (dont c’est le métier) disent non et les ministres qui viennent à peine d’entrer en fonction disent oui. Heureusement les recours existent.

De nombreuses études scientifiques de par le monde tirent la sonnette d’alarme de plus en plus fort. De gros doutes sur l’à-propos de l’éolien industriel terrestre se font entendre. À mes yeux ces études sont suffisantes pour tout stopper et réfléchir. Mais je ne suis qu’un simple riverain, pas du tout désireux de devenir décideur et qui n’a aucune compétence scientifique en la matière, juste quelques passions, comme la biodiversité.

Au fil de nos découvertes avec la Plateforme, j’ai petit à petit compris que bien que la lutte locale soit primordiale, elle ne serait peut-être pas suffisante. Avec un autre rebecquois, Bernard Fusulier, nous avons décidé de lancer une démarche complémentaire, celle d’interpeller le Parlement wallon.

De toute évidence les recherches scientifiques ne suffisent pas à ce que nos décideurs revoient leur copie à leur tour. Pire, ils prêtent leur oreille à des discours incohérents. N’a-t-on pas entendu dire qu’à 500m d’une éolienne on n’entendait pas ses infrasons ? (alors que par définition on n’entend jamais un infrason). Beaucoup de questions restent sans réponses. L’éolien est-il vert ? Est-il efficace contre le changement climatique ? Jusqu’à quel point accepterons-nous de détruire notre biodiversité (p.ex. rapaces). Si les réponses à ces questions viennent de riverains, elles seront automatiquement taxées de Nimby (pas dans mon jardin) voire de faire la promotion du nucléaire.

C’est pourquoi nous demandons au Parlement wallon un moratoire sur l’éolien industriel en Wallonie, le temps de répondre à ces questions et d’en tirer les conclusions. Une compilation universitaire des recherches existantes serait un bon début. Si de nouvelles recherches devaient être menées, il faudra bien sûr qu’elles le soient par plusieurs universités différentes (la communauté scientifique) et surtout de manière transversale (ça n’aurait pas de sens de ne se préoccuper que de l’économie sans se soucier de la santé ou du climat par exemple).

Le Parlement a mis en place une procédure d’interpellation. Elle se fait via une pétition déposée sur le site internet du Parlement. On peut y déposer et y signer des pétitions à l’aide de sa carte d’identité (un peu comme pour Tax-on-web). Il faut reconnaitre que l’interface n’est pas très conviviale comparée à des sites privés de pétitions. Cependant ces sites privés font un peu ce qu’ils veulent de nos données et des signatures de soutien venant d’Australie, ça fait chaud au cœur, mais ça ne passe pas bien, idem pour les mineurs.

Toutefois dans ce parcours du combattant, près d’une centaine de Wallons sont parvenus à signer. Tout est relatif comme disait Albert, mais c’est quand même dix fois le nombre de signatures jamais obtenues pour une pétition sur ce site. Vu les difficultés rencontrées par les signataires, nous avons mis en place deux autres manières de signer la pétition : un formulaire mail et une version « papier ». Ces deux versions ont récolté un nombre similaire de signatures.

Nous avons également dû tronquer (3000 caractères max) notre argumentation et sa bibliographie récente, mais avons mis son entièreté à disposition sur un site dédié où toute la démarche et la procédure sont expliquées : www.moratoire-eolien.be . C’est également un moyen facile de retrouver la pétition sur le site du Parlement.

Il me semble également important de signaler que plusieurs communes wallonnes ont, elles aussi, adressé aux ministres une demande de moratoire éolien. Elles le demandent, le temps que le Gouvernement puisse mettre en place les outils lui permettant de tenir les engagements pris dans sa Déclaration de Politique Générale. Particulièrement en matière d’implication des citoyens dans les processus de décision.

Tout récemment, le Gouvernement a annoncé qu’il lancerait une consultation populaire à propos de l’éolien en Wallonie. On peut imaginer, entre autres, qu’il s’est rendu compte que les textes et procédures actuels ne cadraient plus avec la réalité du terrain. C’est une bonne chose ! Et tant qu’à faire, pendant qu’on demande son avis au citoyen et le temps de « digérer » tous ces avis et de les couler dans des textes, quoi de mieux qu’un moratoire, histoire qu’on se sente en confiance ? Sinon, les promoteurs risquent fort de se lancer dans un sprint final avant que la législation soit plus contraignante.

C’est pourquoi nous vous invitons à signer la pétition au plus vite pour qu’elle puisse arriver dans l’hémicycle (qui n’en est pas un, d’ailleurs) durant l’enquête publique.

Tant qu’on parle d’enquête publique, une précision d’importance s’impose. En effet tout prochainement on vous demandera aussi votre avis sur un projet éolien, celui de Rebecq cette fois. En effet comme je le disais tout à l’heure, dans un dossier éolien, le citoyen est consulté, ça fait partie de la procédure. On peut facilement s’y perdre. C’est pourquoi voici un petit résumé schématique de ce qui nous attend prochainement.

Concernant le projet d’Engie à Rebecq

  • Réunion de présentation des études d’incidences les 3 et 5 mars prochain : c’est peut-être la dernière fois que vous aurez l’occasion de poser vos questions de vive voix au promoteur
  • Quelques jours plus tard, selon toute vraisemblance, début de l’enquête publique à propos du projet mal nommé E429 d’Engie. À ce moment-là et pendant 30 jours, vous pourrez envoyer vos avis à la Commune (qui fera office de boîte aux lettres)
  • Le dossier quittera Rebecq après avis de la Commune pour être traité à la Région qui demandera son avis sur ce sujet à toute une série d’instances allant de l’armée à la RTBF en passant par la Division Nature et Forêt et l’agence wallonne du Patrimoine. Ça peut prendre plusieurs mois.

Concernant l’éolien en Wallonie

En très résumé :

Et bien entendu continuer de vous tenir informé auprès des différentes sources disponibles.

Étienne Mayeur

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